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Découvrez des articles professionnels et informatifs rédigés par Sophie Delvaux. Ce blog est une ressource précieuse pour les parents cherchant à mieux comprendre l'ergothérapie pédiatrique et à soutenir le développement de leurs enfants.

Explorer le monde de l'ergothérapie pédiatrique

Bienvenue dans notre espace dédié aux connaissances et aux conseils. Ici, je partage mon expertise pour vous éclairer sur divers aspects de l'ergothérapie chez les enfants. Chaque article est conçu pour vous apporter des informations claires et utiles, basées sur des pratiques professionnelles et reconnues.

Mon enfant sait ce qu’il doit faire, mais ne le fait jamais seul : comment favoriser son autonomie ?

Votre enfant sait s’habiller, mais chaque matin vous devez lui rappeler chaque étape.

Il sait préparer son cartable, mais vous devez vérifier avec lui qu’il n’a rien oublié.

Il sait ranger ses affaires, se laver, commencer ses devoirs ou préparer ses vêtements… mais si vous n’êtes pas derrière lui, rien ne démarre.

Cette situation peut être particulièrement frustrante pour les parents :

« Il sait pourtant le faire ! Pourquoi dois-je toujours lui rappeler ? »

La réponse n’est pas forcément un manque de volonté ou d’autonomie.

Chez certains enfants, notamment lorsqu’ils présentent un TDAH, un TSA ou des troubles DYS, la difficulté ne réside pas dans le fait de savoir comment réaliser une tâche, mais plutôt dans la capacité à commencer, organiser et poursuivre cette tâche de manière autonome.

Savoir faire ne signifie pas toujours savoir faire seul

Un enfant peut parfaitement connaître toutes les étapes nécessaires pour se préparer le matin et pourtant rester assis dans sa chambre sans commencer.

Pourquoi ?

Parce qu’une activité apparemment simple comme « prépare-toi pour l’école » mobilise en réalité de nombreuses compétences :

  • comprendre ce qui est attendu ;

  • commencer l’activité au bon moment ;

  • se souvenir des différentes étapes ;

  • les réaliser dans le bon ordre ;

  • ne pas se laisser distraire ;

  • gérer son temps ;

  • remarquer qu’une étape a été oubliée ;

  • terminer la tâche ;

  • passer ensuite à l’activité suivante.

Ces compétences font notamment intervenir les fonctions exécutives, qui permettent de planifier, organiser et réguler nos actions.

Chez certains enfants, ces fonctions peuvent être plus fragiles.

Le problème n’est donc pas toujours :

« Il ne veut pas faire. »

Il peut parfois être davantage :

« Il ne parvient pas encore à organiser seul tout ce qu’il doit faire. »


Pourquoi les rappels incessants finissent-ils par être épuisants ?

Dans beaucoup de familles, les matinées ressemblent progressivement à ceci :

« Habille-toi. »

Puis :

« Tu n’es toujours pas habillé ? »

Quelques minutes plus tard :

« Mets tes chaussures. »

Puis :

« Ton cartable ! »

Et enfin :

« Dépêche-toi, nous allons être en retard ! »

Sans le vouloir, le parent devient alors progressivement le système d’organisation de l’enfant.

C’est le parent qui :

  • rappelle les étapes ;

  • indique quand commencer ;

  • vérifie ce qui est terminé ;

  • rappelle ce qui manque ;

  • donne le rythme ;

  • anticipe les oublis.

Cela permet souvent de terminer la routine, mais l’enfant reste très dépendant de l’adulte.

Pour favoriser l’autonomie, l’objectif n’est donc pas simplement de répéter moins.

Il faut progressivement transférer une partie de cette organisation vers des supports et des stratégies que l’enfant pourra utiliser lui-même.


1. Transformer les grandes consignes en petites étapes

Une consigne comme :

« Prépare-toi. »

peut être beaucoup trop large pour certains enfants.

On peut la décomposer :

  1. enlever le pyjama ;

  2. mettre les sous-vêtements ;

  3. mettre le pantalon ;

  4. mettre le haut ;

  5. mettre les chaussettes ;

  6. aller dans la salle de bain ;

  7. se brosser les dents ;

  8. prendre le cartable.

L’enfant ne doit alors plus organiser mentalement toute la routine.

Il peut simplement se demander :

« Quelle est l’étape suivante ? »


2. Utiliser un support visuel plutôt que répéter les consignes

Pour certaines routines, un support visuel peut progressivement remplacer les rappels de l’adulte.

Cela peut être :

  • une petite checklist ;

  • des pictogrammes ;

  • des photos ;

  • une liste affichée sur la porte ;

  • un tableau effaçable ;

  • une routine enregistrée sur une tablette ou un téléphone selon l’âge de l’enfant.

Par exemple :

Routine du matin

  • Je m’habille

  • Je me brosse les dents

  • Je déjeune

  • Je prends ma gourde

  • Je vérifie mon cartable

  • Je mets mes chaussures

Le parent peut alors dire :

« Regarde ta routine. Où en es-tu ? »

plutôt que de donner directement la prochaine consigne.

Ce petit changement est important : la réponse ne vient plus systématiquement de l’adulte.


3. Donner un point de départ très clair

Pour certains enfants, le plus difficile est simplement de commencer.

Dire :

« Va ranger ta chambre. »

peut conduire à plusieurs minutes d’inaction.

On peut essayer une consigne beaucoup plus précise :

« Commence par mettre tous les vêtements dans le panier. »

Une fois cette première action réalisée, la suivante devient souvent plus facile.

L’objectif est de rendre le premier pas évident et accessible.


4. Ne donner qu’une consigne à la fois

Dire :

« Monte, mets ton pyjama, brosse-toi les dents, prends ton livre et mets tes vêtements dans le panier. »

demande de retenir plusieurs informations simultanément.

L’enfant peut partir à l’étage et avoir oublié la moitié de la consigne quelques secondes plus tard.

Il est souvent plus efficace de donner une consigne courte :

« Va mettre ton pyjama. »

Puis de laisser l’enfant consulter sa routine pour savoir ce qu’il doit faire ensuite.


5. Rendre le temps visible

« Dans cinq minutes », « bientôt », « dépêche-toi » ou « nous devons partir » restent des notions abstraites pour certains enfants.

Un minuteur ou un support visuel peut aider à rendre le temps plus concret.

Par exemple :

« Tu as dix minutes pour t’habiller. Quand le minuteur sonne, nous vérifions où tu en es. »

Le minuteur devient alors progressivement un repère extérieur, plutôt que le parent qui répète constamment :

« Dépêche-toi. »


6. Préparer l’environnement

L’autonomie dépend aussi énormément de l’environnement.

Un enfant aura beaucoup plus de difficultés à préparer seul son cartable si ses affaires sont réparties dans plusieurs pièces.

On peut par exemple prévoir :

  • un endroit fixe pour le cartable ;

  • un panier pour les affaires à emporter le lendemain ;

  • une place précise pour les chaussures ;

  • des vêtements préparés la veille ;

  • une checklist près de la porte ;

  • un rangement clairement identifié pour chaque type d’objet.

Plus l’environnement est prévisible, moins l’enfant doit mobiliser d’énergie pour s’organiser.


7. Éviter de faire systématiquement à sa place

Lorsque l’on est pressé, il est évidemment tentant de terminer la tâche pour l’enfant.

Mais si l’adulte intervient systématiquement dès que l’enfant ralentit, l’enfant dispose de peu d’occasions pour développer ses propres stratégies.

Il est parfois préférable de proposer une aide partielle :

« Quelle est la prochaine étape ? »

« Regarde ton tableau. »

« De quoi as-tu besoin avant de partir ? »

plutôt que :

« Donne-moi ton cartable, je vais le préparer. »

L’objectif est de fournir juste l’aide nécessaire, puis de la diminuer progressivement.


8. Valoriser les étapes réussies

L’autonomie ne se construit pas en une journée.

Si un enfant qui avait besoin de huit rappels le matin n’en nécessite plus que quatre, il y a déjà une évolution.

On peut lui faire remarquer précisément ce qui a fonctionné :

« Tu as regardé ta liste tout seul pour vérifier ton cartable. »

ou :

« Aujourd’hui, tu as commencé à t’habiller sans que je te le rappelle. »

Cela aide l’enfant à identifier les stratégies qu’il est capable d’utiliser seul.


L’objectif n’est pas que l’enfant fasse tout seul immédiatement

Favoriser l’autonomie ne signifie pas supprimer toute aide du jour au lendemain.

L’objectif consiste plutôt à passer progressivement de :

« Je fais avec toi »

à :

« Je te rappelle comment faire »

puis :

« Tu utilises ton support »

et enfin :

« Tu peux gérer cette tâche seul. »

Cette progression peut demander du temps.

Et surtout, elle n’est pas identique pour tous les enfants.


Quand demander de l’aide ?

Lorsque les routines quotidiennes génèrent régulièrement :

  • des conflits ;

  • beaucoup de rappels ;

  • des retards ;

  • des oublis constants ;

  • une dépendance importante envers l’adulte ;

  • une grande fatigue familiale ;

  • ou des difficultés d’autonomie qui persistent malgré les stratégies déjà essayées,

il peut être intéressant d’analyser plus précisément ce qui empêche l’enfant d’être autonome.

La difficulté peut concerner l’organisation, l’attention, la compréhension des étapes, la gestion du temps, l’environnement, la motricité, la régulation émotionnelle ou encore plusieurs de ces éléments simultanément.

La guidance parentale en ergothérapie

Lors d’une prise en charge en guidance parentale, l’objectif n’est pas de proposer une méthode identique à toutes les familles.

Nous partons d’une situation concrète du quotidien :

  • le matin avant l’école ;

  • les devoirs ;

  • le rangement ;

  • l’habillage ;

  • la préparation du cartable ;

  • les repas ;

  • la toilette ;

  • le coucher ;

  • ou toute autre activité dans laquelle l’enfant reste très dépendant de l’adulte.

Nous analysons ensemble ce qui se passe, les capacités de l’enfant, les difficultés rencontrées et l’organisation familiale.

Des stratégies et adaptations concrètes peuvent ensuite être proposées afin de faciliter progressivement la participation et l’autonomie de l’enfant dans son quotidien.

Votre enfant sait faire beaucoup de choses, mais vous devez constamment être derrière lui ?

Une consultation de guidance parentale peut permettre d’identifier les obstacles à son autonomie et de mettre en place des stratégies adaptées à votre quotidien.

TDAH : pourquoi les devoirs deviennent-ils parfois un combat ?

Votre enfant rentre de l’école et vous savez déjà que le moment des devoirs risque d’être compliqué.

Il repousse le moment de commencer.

Il se lève plusieurs fois.

Il oublie la consigne alors que vous venez de la lui expliquer.

Il regarde par la fenêtre, joue avec son crayon, cherche quelque chose dans son cartable ou se met soudainement à parler d’un tout autre sujet.

Puis la tension monte.

« Concentre-toi. »

« Tu pourrais avoir terminé depuis longtemps. »

« Arrête de discuter et commence. »

Et parfois, les devoirs finissent par prendre beaucoup plus de temps qu’ils ne devraient, avec de la frustration aussi bien chez l’enfant que chez ses parents.

Chez un enfant présentant un TDAH, ces difficultés ne sont pas nécessairement liées à un manque de bonne volonté.

Les devoirs sollicitent justement plusieurs capacités qui peuvent lui demander beaucoup d’efforts : commencer une tâche, maintenir son attention, retenir les informations, s’organiser, gérer son temps, résister aux distractions et supporter la frustration.

Comprendre ce qui se joue permet souvent d’aborder les devoirs autrement.


Pourquoi les devoirs sont-ils particulièrement difficiles pour certains enfants avec un TDAH ?

Une consigne comme :

« Fais tes devoirs. »

semble simple.

Mais pour l’enfant, cela signifie parfois devoir :

  1. aller chercher son cartable ;

  2. retrouver son journal de classe ;

  3. identifier ce qu’il doit faire ;

  4. choisir par quoi commencer ;

  5. sortir le bon matériel ;

  6. comprendre la consigne ;

  7. commencer l’exercice ;

  8. rester concentré ;

  9. se souvenir de ce qu’il est en train de faire ;

  10. vérifier son travail ;

  11. ranger ses affaires ;

  12. préparer ce qui devra retourner à l’école.

Les devoirs ne sollicitent donc pas uniquement les apprentissages scolaires.

Ils demandent également beaucoup d’organisation et d’autorégulation.


1. Le plus difficile peut être de commencer

Certains enfants savent parfaitement réaliser l’exercice une fois qu’ils ont commencé, mais passent quinze ou vingt minutes à éviter le moment de s’y mettre.

Ils demandent à boire.

Ils vont aux toilettes.

Ils cherchent un crayon.

Ils racontent leur journée.

Ils disent qu’ils vont commencer « dans deux minutes ».

Ce comportement peut être interprété comme de l’opposition.

Mais il peut aussi traduire une difficulté à initier une tâche, particulièrement lorsque celle-ci semble longue, difficile ou peu motivante.

Plutôt que de répéter :

« Commence tes devoirs ! »

il peut être plus efficace de rendre le premier objectif très concret :

« Ouvre ton journal de classe et regarde ce qu’il y a pour demain. »

Puis :

« Choisis le premier exercice. »

Commencer par une petite action peut rendre la tâche beaucoup plus accessible.


2. Après une journée d’école, les ressources attentionnelles peuvent être épuisées

Un enfant peut avoir réussi à se contenir, écouter, suivre les règles et travailler pendant plusieurs heures à l’école.

Une fois rentré à la maison, il lui reste parfois beaucoup moins de ressources pour recommencer une activité exigeante.

Cela explique pourquoi certains parents ont l’impression que leur enfant « tient toute la journée à l’école » mais se désorganise complètement à la maison.

Le moment choisi pour les devoirs peut donc avoir une grande importance.

Faire commencer immédiatement un enfant qui rentre fatigué n’est pas nécessairement la meilleure stratégie.

Selon les besoins de l’enfant, un temps de transition peut être utile :

  • prendre une collation ;

  • bouger ;

  • jouer quelques minutes ;

  • sortir ;

  • s’isoler dans un environnement calme ;

  • ou simplement bénéficier d’un moment sans sollicitation.

L’objectif est de trouver le bon équilibre entre récupération et remise au travail.


3. « Concentre-toi » n’indique pas à l’enfant comment faire

Lorsqu’un enfant se disperse, le réflexe naturel est souvent de lui dire :

« Concentre-toi. »

Mais cette consigne reste très abstraite.

L’enfant peut parfaitement savoir qu’il devrait se concentrer sans parvenir à maintenir son attention suffisamment longtemps.

Il est généralement plus utile de modifier concrètement la situation.

Par exemple :

  • dégager le bureau ;

  • éloigner le téléphone ou les jeux ;

  • ne laisser devant lui que le matériel nécessaire ;

  • fractionner le travail ;

  • utiliser un minuteur ;

  • alterner périodes de travail et courtes pauses ;

  • donner un objectif précis.

Plutôt que :

« Travaille pendant une heure. »

on peut essayer :

« Nous faisons ces trois exercices, puis tu prends une pause. »


4. Les longues consignes peuvent être difficiles à retenir

Imaginez la consigne suivante :

« Lis le texte, souligne les verbes, conjugue-les au présent puis recopie les trois premières phrases dans ton cahier. »

L’enfant peut commencer à lire… et quelques secondes plus tard demander :

« Je dois faire quoi après ? »

Ce n’est pas nécessairement parce qu’il n’écoutait pas.

Il peut avoir du mal à conserver plusieurs informations simultanément en mémoire pendant qu’il réalise la tâche.

Il peut alors être utile de :

  • faire reformuler la consigne ;

  • surligner les différentes étapes ;

  • les numéroter ;

  • masquer une partie de la feuille ;

  • écrire une petite checklist ;

  • ne présenter qu’une étape à la fois.

L’objectif est de réduire la quantité d’informations que l’enfant doit garder mentalement.


5. Une petite erreur peut parfois provoquer une grande réaction

Un calcul faux.

Une rature.

Un mot oublié.

Une consigne mal comprise.

Et soudain :

« J’en ai marre ! »

« Je suis nul ! »

« Je ne veux plus travailler ! »

Le cahier se ferme et le conflit commence.

Chez certains enfants, la difficulté des devoirs ne concerne donc pas uniquement l’attention.

La tolérance à la frustration et la régulation émotionnelle peuvent également jouer un rôle important.

Lorsque l’enfant est déjà fatigué, une difficulté apparemment mineure peut devenir le déclencheur d’une réaction beaucoup plus importante.

Dans ces moments-là, ajouter de la pression avec :

« Ce n’est pourtant pas compliqué ! »

ou :

« Arrête ton cinéma. »

risque généralement d’augmenter la tension.

Il peut être plus efficace de reconnaître la difficulté tout en maintenant un cadre :

« Je vois que cet exercice t’énerve. Nous faisons une courte pause, puis nous reprenons une étape à la fois. »


6. Le temps peut être difficile à percevoir

Pour certains enfants, quinze minutes peuvent sembler très longues lorsqu’une activité est peu intéressante… et passer extrêmement vite lorsqu’ils jouent.

Dire :

« Dépêche-toi, tu travailles depuis longtemps ! »

ne lui donne pas nécessairement un repère utile.

Un minuteur visuel peut parfois aider.

Par exemple :

15 minutes de travail → petite pause → 15 minutes de travail.

La durée choisie doit évidemment être adaptée à l’âge et aux capacités de l’enfant.

L’objectif n’est pas de transformer les devoirs en course, mais de rendre le temps plus prévisible.


7. Faire les devoirs avec son enfant ne signifie pas les faire à sa place

Lorsque les devoirs deviennent très difficiles, le parent finit parfois par assurer presque toute l’organisation.

Il lit les consignes.

Il rappelle ce qu’il faut faire.

Il cherche les affaires.

Il corrige chaque exercice.

Il indique quand passer à la suite.

Sans le vouloir, il devient progressivement le système d’organisation externe de l’enfant.

Pour développer l’autonomie, on peut essayer de diminuer progressivement cette aide.

Par exemple, au lieu de dire :

« Maintenant prends ton cahier de mathématiques. »

demander :

« Qu’est-ce que tu dois faire ensuite ? »

Ou :

« Où peux-tu regarder pour le savoir ? »

L’objectif est de guider l’enfant vers une stratégie qu’il pourra progressivement utiliser sans l’adulte.


8. Toutes les matières ne demandent pas le même effort

Un enfant peut terminer rapidement ses exercices de mathématiques et rester bloqué très longtemps devant une production écrite.

Un autre peut lire facilement mais avoir énormément de difficultés à recopier une leçon.

Il est donc important de ne pas regarder uniquement la durée totale des devoirs.

Il faut essayer d’identifier ce qui pose réellement problème :

  • comprendre la consigne ?

  • commencer ?

  • lire ?

  • écrire ?

  • maintenir son attention ?

  • organiser les différentes étapes ?

  • retrouver les documents ?

  • supporter l’erreur ?

  • mémoriser ?

  • gérer la fatigue ?

Une difficulté scolaire associée, notamment un trouble DYS, peut également augmenter considérablement l’effort nécessaire.

La stratégie doit donc être adaptée à la cause de la difficulté, et pas uniquement au comportement observable.


Que peut-on essayer concrètement à la maison ?

Il n’existe pas une organisation qui fonctionne pour tous les enfants, mais quelques principes peuvent être testés.

Avant les devoirs

Prévoir une transition après l’école lorsque l’enfant en a besoin.

Déterminer un horaire relativement prévisible.

Préparer un espace de travail avec peu de distractions.

Prévoir le matériel nécessaire à proximité.


Au début

Consulter ensemble ce qu’il y a à faire.

Choisir l’ordre des tâches.

Commencer éventuellement par un exercice relativement accessible afin de faciliter la mise en route.

Transformer une grande quantité de travail en plusieurs petits objectifs.


Pendant

Donner une consigne à la fois lorsque cela est nécessaire.

Utiliser un minuteur si cela aide l’enfant.

Prévoir des pauses courtes.

Limiter les éléments présents sur le bureau.

Faire reformuler les consignes.

Utiliser des supports visuels ou des checklists.


À la fin

Prévoir une petite routine de vérification :

  • Tous les devoirs sont-ils terminés ?

  • Les feuilles sont-elles rangées ?

  • Le journal de classe est-il dans le cartable ?

  • Le matériel nécessaire pour demain est-il prêt ?

Cette dernière étape est importante : terminer les devoirs ne signifie pas seulement fermer le cahier.


Et lorsque les devoirs deviennent chaque soir une source de conflit ?

Si vous avez l’impression d’avoir déjà essayé beaucoup de choses, il peut être utile de sortir de la question :

« Comment faire pour qu’il obéisse pendant les devoirs ? »

et de la remplacer par :

« Qu’est-ce qui rend les devoirs aussi difficiles pour lui ? »

Il peut s’agir de fatigue, de difficultés attentionnelles, d’organisation, de compréhension, de mémoire, de gestion du temps, de graphisme, de lecture, de régulation émotionnelle ou d’une combinaison de plusieurs facteurs.

Identifier précisément ces obstacles permet de proposer des adaptations beaucoup plus pertinentes.


La guidance parentale en ergothérapie

Lors d’une prise en charge en guidance parentale, nous pouvons partir directement des difficultés que vous rencontrez à la maison.

Par exemple :

  • votre enfant refuse systématiquement de commencer ses devoirs ;

  • les devoirs prennent plusieurs heures ;

  • vous devez rester constamment à côté de lui ;

  • chaque erreur provoque une crise ;

  • il oublie régulièrement ses affaires ;

  • il ne sait pas par quoi commencer ;

  • les devoirs génèrent des conflits presque tous les soirs.

L’objectif est d’analyser la situation dans son ensemble : les besoins de l’enfant, son fonctionnement, les exigences scolaires, l’environnement et l’organisation familiale.

Nous recherchons ensuite des stratégies concrètes et réalistes à mettre en place dans votre quotidien.

Le but n’est pas que les devoirs deviennent parfaits.

Il est de rechercher une organisation permettant progressivement à l’enfant de mieux comprendre ce qui est attendu de lui, d’utiliser des stratégies adaptées et de gagner en autonomie, tout en diminuant autant que possible les tensions familiales.

Les devoirs sont devenus une source de conflit presque quotidienne à la maison ?

Une consultation de guidance parentale en visioconférence peut permettre d’analyser ce qui bloque réellement et de rechercher des adaptations adaptées à votre enfant et à votre organisation familiale.

Mon enfant explose après l’école : comprendre les crises du soir

Votre enfant sort de l’école et tout semble aller à peu près bien.

Puis, une fois à la maison, tout change.

Une remarque suffit pour déclencher une crise.

Il pleure parce que son goûter n’est pas celui qu’il voulait.

Il s’énerve lorsqu’on lui demande d’enlever ses chaussures.

Il refuse les devoirs.

Il crie contre son frère ou sa sœur.

Il ne supporte plus aucune consigne.

Et vous vous demandez :

« Comment peut-il se comporter correctement toute la journée à l’école et exploser dès qu’il rentre à la maison ? »

Cette situation est fréquente chez certains enfants, notamment lorsqu’ils doivent fournir beaucoup d’efforts pour se concentrer, se contrôler, s’adapter, gérer les stimulations ou répondre aux attentes scolaires.

La crise du soir ne signifie donc pas nécessairement que l’enfant « se permet tout à la maison ».

Elle peut aussi être le signe qu’il arrive au bout de ses ressources.


Pourquoi certains enfants explosent-ils une fois rentrés à la maison ?

Pendant une journée d’école, un enfant doit constamment s’adapter.

Il doit notamment :

  • écouter les consignes ;

  • attendre son tour ;

  • rester assis ;

  • gérer le bruit ;

  • suivre le rythme de la classe ;

  • se concentrer ;

  • organiser ses affaires ;

  • supporter la frustration ;

  • changer d’activité plusieurs fois ;

  • gérer les interactions avec les autres ;

  • inhiber certaines réactions ;

  • accepter les imprévus.

Pour certains enfants, tout cela demande énormément d’énergie.

Ils peuvent réussir à tenir pendant plusieurs heures parce que le cadre scolaire est structuré, parce qu’ils font beaucoup d’efforts ou parce qu’ils savent ce que l’on attend d’eux.

Puis ils rentrent chez eux.

La maison est souvent l’endroit où ils se sentent suffisamment en sécurité pour relâcher toute la tension accumulée.

Ce n’est donc pas toujours la petite demande du parent qui provoque réellement la crise.

Elle peut simplement être la goutte de trop après une journée déjà très exigeante.


1. La fatigue joue un rôle important

En fin de journée, les capacités d’adaptation diminuent.

Un enfant qui parvient encore à gérer une frustration à 10 heures du matin peut avoir beaucoup plus de difficultés à 17 heures.

La fatigue peut rendre plus difficile :

  • la gestion des émotions ;

  • l’attention ;

  • la patience ;

  • la tolérance au bruit ;

  • les transitions ;

  • la compréhension d’une consigne ;

  • la capacité à accepter un refus.

Cela explique pourquoi certaines crises semblent totalement disproportionnées par rapport à leur déclencheur.

Le problème visible est parfois :

« Il n’y a plus de biscuits au chocolat. »

Mais derrière cette réaction peuvent se cacher une journée entière de fatigue, de frustrations, de bruit, d’efforts attentionnels et d’adaptations.


2. Certains enfants ont passé leur journée à se contrôler

Un enfant présentant un TDAH, par exemple, peut avoir dû mobiliser beaucoup d’efforts pour :

  • ne pas parler lorsqu’il en a envie ;

  • rester à sa place ;

  • attendre ;

  • écouter ;

  • terminer une tâche ;

  • ne pas se laisser distraire ;

  • contrôler son impulsivité.

Un enfant présentant un TSA peut, quant à lui, avoir dû gérer de nombreuses sollicitations sensorielles, sociales ou des changements de routine.

Un enfant présentant un trouble DYS peut avoir fourni beaucoup plus d’efforts que ses camarades pour lire, écrire, copier ou suivre certaines consignes.

Deux enfants peuvent donc vivre exactement la même journée scolaire tout en dépensant une quantité d’énergie très différente.


3. Le retour à la maison est lui-même une transition

La transition école-maison peut sembler simple pour un adulte.

Pour l’enfant, elle implique pourtant de nombreux changements en peu de temps :

classe → sortie d’école → trajet → maison → goûter → devoirs → douche → repas → coucher.

Certaines journées ne laissent finalement presque aucun moment où l’enfant peut véritablement récupérer.

Chez les enfants qui supportent difficilement les transitions, chaque changement peut demander un effort supplémentaire.

Ajouter immédiatement :

« Enlève ton manteau, range ton cartable, va te laver les mains et commence tes devoirs »

peut alors être difficile à gérer.


4. La faim peut amplifier les réactions

Cela paraît très simple, mais il ne faut pas sous-estimer cet aspect.

Un enfant fatigué et affamé aura généralement moins de ressources pour gérer une frustration.

Prévoir un goûter assez rapidement après l’école peut parfois aider à améliorer la transition.

L’important est surtout d’observer votre enfant :

Est-ce que les crises apparaissent davantage les jours où il rentre tard ?

Lorsqu’il n’a presque rien mangé à midi ?

Lorsqu’il enchaîne immédiatement avec une activité ?

Ces observations permettent progressivement de repérer certains facteurs déclencheurs.


5. Le bruit et les stimulations peuvent être devenus difficiles à supporter

Une journée scolaire est rarement calme.

Il y a les conversations, les chaises, les déplacements, la cour de récréation, les sonneries, les activités collectives, les transports.

Pour certains enfants, cette quantité de stimulations peut être particulièrement fatigante.

Le retour à la maison peut alors nécessiter un moment avec moins de bruit, moins de demandes et moins d’interactions.

Un enfant peut avoir besoin de s’isoler quelques minutes dans sa chambre.

Un autre aura besoin de bouger.

Un autre encore cherchera à écouter de la musique, construire quelque chose ou manipuler un objet.

Il ne s’agit pas de proposer la même stratégie à tous les enfants, mais de repérer ce qui permet réellement au vôtre de récupérer.


6. Enchaîner directement avec les devoirs n’est pas toujours la meilleure option

Lorsqu’un enfant rentre à 16 heures et que les devoirs doivent encore être faits, le réflexe peut être :

« Fais-les maintenant, comme ça ce sera terminé. »

Cela fonctionne très bien pour certains enfants.

Pour d’autres, c’est précisément à ce moment-là qu’ils disposent du moins de ressources.

Un temps de transition peut parfois être nécessaire avant de reprendre une activité demandant de l’attention.

Cela peut être :

  • prendre le goûter ;

  • jouer dehors ;

  • faire une activité physique ;

  • écouter de la musique ;

  • construire ;

  • dessiner ;

  • avoir un moment seul ;

  • simplement ne rien faire pendant quelques minutes.

La durée de cette transition doit évidemment rester adaptée à l’organisation familiale.

L’objectif n’est pas de repousser les devoirs indéfiniment, mais de déterminer à quel moment l’enfant est réellement le plus disponible.


7. Trop de questions dès la sortie de l’école peuvent aussi être difficiles

Le parent est naturellement curieux de connaître la journée de son enfant.

« Comment s’est passée l’école ? »

« Qu’est-ce que tu as fait ? »

« Tu as eu ton contrôle ? »

« Tu as joué avec qui ? »

« Tu as des devoirs ? »

Pour un enfant déjà saturé, répondre à toutes ces questions peut représenter une demande supplémentaire.

Certains enfants parlent immédiatement.

D’autres ont besoin de plusieurs dizaines de minutes avant d’être disponibles pour raconter leur journée.

Il peut être intéressant de respecter ce rythme.


8. Pendant une crise, raisonner fonctionne rarement

Lorsqu’un enfant est déjà très énervé, essayer de lui expliquer longuement pourquoi son comportement n’est pas acceptable peut être peu efficace.

Son niveau d’activation émotionnelle est parfois trop élevé pour qu’il puisse réellement traiter les explications.

Ce n’est généralement pas le meilleur moment pour lui demander :

« Pourquoi tu fais ça ? »

ou :

« Explique-moi immédiatement ce qui t’arrive. »

La priorité est souvent d’abord de retrouver un niveau d’apaisement suffisant.

Les explications pourront venir ensuite.


Que faire lorsqu’une crise commence ?

Il n’existe pas une réponse unique, mais certains principes peuvent aider.

Réduire les paroles

Lorsque l’enfant est très énervé, utiliser des phrases courtes.

Par exemple :

« Je vois que c’est difficile. »

« On en parle quand tu seras plus calme. »

« Je suis là. »

Multiplier les explications ou les questions peut parfois augmenter la surcharge.


Réduire temporairement les stimulations

Lorsque cela est possible :

  • couper la télévision ;

  • réduire le bruit ;

  • éloigner les frères et sœurs ;

  • proposer un endroit calme ;

  • éviter d’ajouter plusieurs demandes.


Maintenir les limites nécessaires

Comprendre la difficulté d’un enfant ne signifie pas accepter tous les comportements.

On peut reconnaître l’émotion tout en maintenant une limite :

« Tu as le droit d’être très en colère. Je ne te laisse pas frapper. »

ou :

« Je comprends que tu sois énervé. Les objets restent sur la table. »

L’objectif est de distinguer l’émotion, qui est légitime, du comportement, qui doit parfois être limité.


Et après la crise ?

Une fois l’enfant apaisé, il peut être utile de revenir brièvement sur ce qui s’est passé.

Pas forcément pour chercher un responsable, mais pour comprendre.

Par exemple :

« Qu’est-ce qui était difficile quand tu es rentré ? »

« Tu avais besoin d’être tranquille ? »

« Est-ce qu’on t’a demandé trop de choses en même temps ? »

« Qu’est-ce qui pourrait t’aider demain ? »

Avec le temps, l’enfant peut apprendre à reconnaître certains signaux :

« Je suis fatigué. »

« Il y a trop de bruit. »

« J’ai besoin d’une pause. »

Cette capacité à identifier ses besoins fait aussi partie du développement de l’autonomie.


Créer une routine de retour d’école

Lorsqu’un enfant rencontre régulièrement des difficultés à ce moment de la journée, une routine prévisible peut être très utile.

Par exemple :

En rentrant

  • Je pose mon cartable

  • Je me déchausse

  • Je prends mon goûter

  • J’ai 20 minutes de temps calme

  • Je regarde ce que j’ai comme devoirs

  • Je commence la première tâche

Une routine réduit le nombre de décisions et de consignes nécessaires.

L’enfant sait progressivement ce qui va se passer après l’école.


Observer ce qui précède les crises

Lorsque les crises se répètent, il peut être utile de noter pendant quelques jours :

  • à quelle heure elles apparaissent ;

  • ce qui s’est passé juste avant ;

  • la durée de la journée d’école ;

  • la présence ou non de devoirs ;

  • le niveau de fatigue ;

  • la faim ;

  • les activités extrascolaires ;

  • les changements imprévus ;

  • ce qui a aidé l’enfant à retrouver son calme.

On constate parfois qu’un schéma se répète.

Par exemple :

journée longue + activité extrascolaire + devoirs immédiatement en rentrant = crise presque systématique.

Repérer ces schémas permet d’agir avant la crise, plutôt que seulement lorsqu’elle est déjà installée.


Toutes les crises du soir ne s’expliquent pas de la même façon

Une crise après l’école peut être liée à de nombreux facteurs :

  • fatigue ;

  • surcharge sensorielle ;

  • difficultés attentionnelles ;

  • frustrations accumulées ;

  • anxiété ;

  • faim ;

  • difficulté à gérer les transitions ;

  • exigences scolaires importantes ;

  • difficultés d’apprentissage ;

  • manque de temps de récupération ;

  • organisation familiale trop chargée à certains moments.

Il est donc préférable d’éviter une réponse unique comme :

« Il fait des caprices. »

ou, à l’inverse :

« C’est forcément son TDAH. »

La question la plus utile est souvent :

« Qu’est-ce qui rend ce moment de la journée si difficile pour lui ? »


Quand demander de l’aide ?

Il peut être utile de demander un avis lorsque :

  • les crises sont presque quotidiennes ;

  • elles durent longtemps ;

  • elles perturbent fortement la vie familiale ;

  • votre enfant semble constamment épuisé après l’école ;

  • les devoirs déclenchent systématiquement des conflits ;

  • l’enfant devient très agressif ou se met régulièrement en danger ;

  • vous avez déjà essayé de nombreuses adaptations sans amélioration ;

  • vous ne parvenez plus à identifier ce qui déclenche ces réactions.

L’objectif n’est pas uniquement de faire disparaître la crise.

Il est de comprendre ce qui la provoque et quels besoins ne sont pas suffisamment pris en compte avant qu’elle apparaisse.


La guidance parentale en ergothérapie

Lors d’une prise en charge en guidance parentale, nous pouvons analyser précisément ces moments difficiles du quotidien.

Nous pouvons notamment examiner :

  • le déroulement de la journée ;

  • les transitions ;

  • le retour de l’école ;

  • les devoirs ;

  • les sollicitations sensorielles ;

  • les routines ;

  • l’organisation familiale ;

  • les capacités d’autonomie ;

  • les stratégies déjà utilisées.

À partir de situations concrètes vécues à la maison, nous recherchons des adaptations réalistes et compatibles avec le fonctionnement de la famille.

L’objectif est d’aider les parents à mieux comprendre ce qui se passe derrière le comportement observable, afin de pouvoir intervenir plus tôt et de diminuer progressivement les situations de surcharge.

Votre enfant semble tenir toute la journée à l’école puis explose une fois rentré à la maison ?

Une consultation de guidance parentale en visioconférence peut permettre d’analyser ces moments difficiles et d’identifier des stratégies adaptées à votre enfant et à votre quotidien.

 

Je dois lui répéter 10 fois la même chose : pourquoi mon enfant ne réagit-il pas aux consignes ?

« Mets tes chaussures. »

Quelques minutes passent.

« Tu as mis tes chaussures ? »

Toujours rien.

« Je t’ai déjà demandé trois fois de te préparer ! »

Puis la tension monte :

« Mais pourquoi faut-il toujours tout répéter ? »

De nombreux parents connaissent cette situation. L’enfant semble avoir entendu la consigne, il sait ce qu’il doit faire… mais pourtant, rien ne se passe.

À force, cela peut donner l’impression qu’il n’écoute pas, qu’il ne fait pas attention ou qu’il refuse volontairement d’obéir.

Pourtant, ce n’est pas toujours aussi simple.

Chez certains enfants, notamment lorsqu’ils présentent un TDAH, un TSA, des troubles DYS ou des difficultés au niveau des fonctions exécutives, le problème peut se situer entre le moment où la consigne est donnée et celui où l’enfant parvient réellement à passer à l’action.

Comprendre ce qui bloque permet souvent de modifier la manière de donner les consignes et de diminuer progressivement les répétitions et les conflits.


Entendre une consigne ne signifie pas forcément pouvoir l’exécuter immédiatement

Lorsqu’un adulte dit :

« Va mettre tes chaussures. »

plusieurs étapes doivent se produire.

L’enfant doit :

  1. interrompre ce qu’il est en train de faire ;

  2. diriger son attention vers l’adulte ;

  3. comprendre la consigne ;

  4. la garder en mémoire ;

  5. décider de commencer ;

  6. se déplacer jusqu’à ses chaussures ;

  7. ne pas se laisser distraire entre-temps ;

  8. réaliser l’action.

Pour un adulte, tout cela semble presque automatique.

Pour certains enfants, chacune de ces étapes peut demander davantage d’efforts.

Le problème n’est donc pas toujours :

« Il n’a pas écouté. »

Il peut parfois être :

« Il a entendu, mais l’information n’a pas suffisamment guidé son action. »


1. Vérifier que l’on a réellement obtenu son attention

Il arrive souvent qu’une consigne soit donnée pendant que l’enfant :

  • regarde la télévision ;

  • joue ;

  • construit quelque chose ;

  • parle avec quelqu’un ;

  • regarde une tablette ;

  • est absorbé par une activité.

Le parent a parlé.

L’enfant a peut-être même répondu :

« Oui, oui. »

Mais son attention était encore principalement dirigée vers ce qu’il faisait.

Avant de donner la consigne, il peut donc être utile de :

  • se rapprocher ;

  • appeler l’enfant par son prénom ;

  • attendre qu’il soit disponible ;

  • établir un contact visuel si cela lui convient ;

  • puis donner la consigne.

Une phrase courte, prononcée lorsque l’enfant est réellement disponible, peut être beaucoup plus efficace que plusieurs consignes données à distance.


2. Faire des consignes courtes

Comparez :

« Va mettre tes chaussures, prends ton manteau, vérifie si ta gourde est dans ton cartable et dépêche-toi parce qu’on doit partir. »

avec :

« Mets tes chaussures. »

La première consigne demande de retenir plusieurs informations à la fois.

Un enfant peut commencer la première étape puis avoir complètement oublié les suivantes.

Il est souvent préférable de donner une ou deux informations à la fois, particulièrement lorsqu’on sait que l’enfant rencontre des difficultés attentionnelles ou de mémoire de travail.

Lorsque la première étape est réalisée, il peut ensuite passer à la suivante.


3. Éviter les consignes trop vagues

Certaines phrases courantes demandent en réalité beaucoup d’organisation.

Par exemple :

« Range ta chambre. »

Pour l’enfant, cela peut signifier :

  • ramasser les vêtements ;

  • ranger les jouets ;

  • remettre les livres à leur place ;

  • jeter les déchets ;

  • faire son lit ;

  • ranger son bureau.

Il faut donc déterminer par quoi commencer, dans quel ordre procéder et quand considérer que la tâche est terminée.

Pour certains enfants, la consigne est simplement trop large.

On peut alors commencer par quelque chose de beaucoup plus précis :

« Mets tous les vêtements sales dans le panier. »

Puis :

« Maintenant, range les livres sur l’étagère. »

Une tâche clairement définie est généralement plus facile à commencer.


4. Demander à l’enfant ce qu’il a compris

Répéter plusieurs fois exactement la même phrase n’est pas toujours la meilleure solution.

Si l’enfant ne sait pas quoi faire après la première consigne, la répéter à l’identique cinq fois risque de ne pas résoudre le problème.

On peut plutôt demander :

« Qu’est-ce que tu dois faire maintenant ? »

ou :

« Tu peux me redire ce que je t’ai demandé ? »

Cette reformulation permet de vérifier si la consigne a réellement été comprise et mémorisée.

Attention cependant à ne pas transformer cela en interrogation permanente.

L’objectif est simplement de vérifier ponctuellement que l’information est bien passée.


5. Laisser quelques secondes avant de répéter

Parfois, les parents répètent très rapidement :

« Va te laver les dents. »

Puis quelques secondes plus tard :

« Je t’ai dit d’aller te laver les dents. »

Certains enfants ont besoin d’un petit temps pour :

  • arrêter leur activité ;

  • traiter l’information ;

  • organiser leur réponse ;

  • commencer à agir.

Laisser quelques secondes avant de répéter peut donc être utile.

Cela permet aussi d’éviter que l’enfant apprenne inconsciemment que la première consigne peut être ignorée puisqu’elle sera répétée plusieurs fois.


6. Donner un point de départ

Pour certains enfants, la difficulté principale n’est pas de comprendre la consigne.

C’est de commencer.

Par exemple :

« Prépare ton cartable. »

L’enfant sait parfaitement comment préparer son cartable, mais il reste assis sans bouger.

On peut alors proposer une première étape :

« Commence par prendre ton journal de classe. »

ou :

« Regarde ce que tu as besoin d’emporter demain. »

Une fois l’action engagée, la suite peut devenir plus facile.


7. Utiliser des supports visuels

Si vous répétez exactement les mêmes consignes tous les jours, cela peut être le signe qu’une partie de ces consignes pourrait être transférée vers un support.

Par exemple, plutôt que de répéter chaque matin :

  • habille-toi ;

  • brosse-toi les dents ;

  • prends ta gourde ;

  • vérifie ton cartable ;

  • mets tes chaussures,

on peut créer une petite checklist.

Routine du matin

  • Je m’habille

  • Je me brosse les dents

  • Je prends ma gourde

  • Je vérifie mon cartable

  • Je mets mes chaussures

Le parent peut alors dire :

« Regarde ta routine. Qu’est-ce qu’il te reste à faire ? »

Progressivement, le support remplace une partie des rappels de l’adulte.

C’est particulièrement intéressant lorsqu’on cherche à développer l’autonomie.


8. Attention au nombre de consignes dans une même période

Certaines périodes de la journée contiennent énormément de demandes.

Le matin, par exemple :

« Habille-toi. »

« Mange. »

« Dépêche-toi. »

« Range ton bol. »

« Va te brosser les dents. »

« Mets ton manteau. »

« Prends ton cartable. »

« Attention, tu as oublié ta gourde. »

Un enfant peut finir par recevoir plusieurs dizaines de consignes en moins d’une heure.

Il peut alors devenir difficile de distinguer ce qui est réellement prioritaire.

Réduire le nombre de paroles et s’appuyer davantage sur une routine visuelle peut parfois rendre le moment beaucoup plus fluide.


9. Une transition peut être nécessaire

Demander à un enfant d’arrêter immédiatement une activité agréable pour commencer une tâche moins intéressante peut être difficile.

Par exemple :

« Éteins la console et viens faire tes devoirs. »

Pour certains enfants, une transition annoncée à l’avance peut mieux fonctionner :

« Dans dix minutes, nous arrêtons la console. »

Puis :

« Encore cinq minutes. »

Et enfin :

« Le temps est terminé. Maintenant, on passe aux devoirs. »

Un minuteur peut également aider.

La consigne devient alors plus prévisible.


10. Toutes les « non-réponses » ne signifient pas la même chose

Lorsque l’enfant ne répond pas à une consigne, plusieurs situations sont possibles.

Il peut :

  • ne pas avoir réellement entendu ;

  • avoir été trop concentré sur autre chose ;

  • avoir oublié la consigne ;

  • ne pas savoir par quoi commencer ;

  • avoir du mal à interrompre son activité ;

  • ne pas comprendre exactement ce que l’on attend ;

  • être fatigué ;

  • être déjà en surcharge ;

  • chercher à éviter une tâche difficile ;

  • ou effectivement ne pas avoir envie de faire ce qui est demandé.

L’objectif n’est donc pas d’excuser systématiquement tous les comportements.

Il s’agit surtout d’éviter de considérer automatiquement :

« Il ne fait pas parce qu’il ne veut pas. »

Comprendre pourquoi l’action ne démarre pas permet de choisir une réponse beaucoup plus adaptée.


Et avec un enfant présentant un TDAH ?

Chez certains enfants présentant un TDAH, plusieurs difficultés peuvent intervenir simultanément :

  • maintien de l’attention ;

  • inhibition ;

  • mémoire de travail ;

  • organisation ;

  • gestion des transitions ;

  • perception du temps ;

  • initiation d’une tâche.

Cela peut expliquer pourquoi l’enfant semble parfaitement capable de réaliser une activité une fois qu’elle est commencée, mais nécessite énormément de rappels pour se mettre en action.

Les parents peuvent alors avoir l’impression d’être en permanence derrière lui.

Au lieu de multiplier les rappels, il est souvent plus utile de travailler progressivement sur la manière dont l’environnement et les consignes peuvent soutenir l’enfant.


Que peut-on essayer à la maison ?

Quelques principes simples peuvent être testés :

Avant la consigne

S’approcher de l’enfant.

S’assurer qu’il est disponible.

Limiter les distractions si nécessaire.

Pour formuler la demande

Faire une phrase courte.

Donner une consigne précise.

Éviter d’enchaîner plusieurs demandes.

Ensuite

Laisser quelques secondes.

Demander éventuellement à l’enfant de reformuler.

L’aider uniquement pour la première étape si nécessaire.

Pour les routines répétitives

Utiliser :

  • une checklist ;

  • des pictogrammes ;

  • un planning ;

  • un minuteur ;

  • une routine toujours organisée de la même façon.

L’objectif est progressivement de passer de :

« Papa ou maman me dit tout ce que je dois faire »

à :

« Je sais où regarder pour savoir ce que je dois faire. »


Éviter l’escalade

Après cinq ou six répétitions, il est compréhensible que le ton monte.

Mais lorsque l’adulte crie :

« Combien de fois faut-il te le dire ? »

l’enfant ne dispose pas forcément de davantage d’informations pour réussir.

Au contraire, la tension émotionnelle peut rendre la situation encore plus difficile.

Lorsque vous constatez qu’une même consigne a déjà été répétée plusieurs fois, cela peut être le moment de changer de stratégie.

Par exemple :

« Viens, je vais te montrer par quoi commencer. »

ou :

« Regarde ta liste. Quelle est la première étape ? »

L’objectif est de sortir du cercle :

consigne → pas de réponse → répétition → énervement → conflit.


Favoriser progressivement l’autonomie

Un enfant autonome n’est pas un enfant à qui l’on ne donne plus jamais de consignes.

L’autonomie se construit progressivement.

Au départ, l’adulte peut beaucoup guider.

Puis il réduit son aide.

Par exemple :

Étape 1 : « Va mettre tes chaussures. »

Puis :

Étape 2 : « Qu’est-ce que tu dois faire avant de partir ? »

Puis :

Étape 3 : « Regarde ta routine. »

Et progressivement, l’enfant consulte lui-même son support.

L’objectif n’est donc pas de supprimer toute aide immédiatement, mais de rendre l’enfant de moins en moins dépendant des rappels de l’adulte.


Quand les consignes deviennent une source permanente de conflit

Il peut être utile de demander de l’aide lorsque :

  • vous avez l’impression de répéter constamment les mêmes choses ;

  • chaque routine devient conflictuelle ;

  • votre enfant semble très dépendant de vos rappels ;

  • les matins sont particulièrement difficiles ;

  • les devoirs ne commencent jamais sans votre présence ;

  • votre enfant oublie constamment ce qu’il devait faire ;

  • vous avez essayé plusieurs stratégies sans amélioration ;

  • vous ne savez plus s’il s’agit d’un problème d’attention, d’organisation, d’opposition ou d’autre chose.

Dans ces situations, il peut être intéressant d’analyser précisément à quel moment la consigne se perd.


La guidance parentale en ergothérapie

Lors d’une prise en charge en guidance parentale, nous pouvons partir directement de situations concrètes rencontrées à la maison :

« Je dois lui répéter chaque étape le matin. »

« Il ne commence jamais ses devoirs seul. »

« Il faut lui rappeler dix fois d’aller se laver. »

« Dès que je demande quelque chose, cela finit en conflit. »

L’objectif est d’analyser ce qui rend la situation difficile : attention, organisation, transitions, compréhension des consignes, environnement, fatigue, régulation émotionnelle ou habitudes déjà installées.

Nous pouvons ensuite rechercher des stratégies adaptées à votre enfant et à votre organisation familiale.

Il ne s’agit pas de chercher une méthode parfaite ni de transformer chaque journée en planning rigide.

L’objectif est de réduire progressivement les rappels, faciliter les routines et favoriser l’autonomie de l’enfant dans son quotidien.

Vous avez l’impression de passer votre journée à répéter les mêmes consignes ?

Une consultation de guidance parentale en visioconférence peut permettre d’identifier ce qui bloque réellement et de mettre en place des stratégies concrètes adaptées à votre quotidien.

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